Axes de recherche proposés par les départements de la BnF > Axe 1 : Etudes historiques du Comité d’Histoire de la Bibliothèque nationale de France

Cet axe réunit les sujets concernant l’histoire de la Bibliothèque. L’histoire de la Bibliothèque est aujourd’hui bien connue, du moins jusqu’en 1800, grâce à la somme de Simone Balayé, Histoire de la Bibliothèque nationale des origines à 1800, Genève : Droz, 1988.
La Bibliothèque considère qu’il est de son devoir de favoriser toute recherche sur son passé et d’encourager la préservation de sa mémoire. Afin d’approfondir et de prolonger ce travail fondateur, la Bibliothèque s’est dotée d’un Comité d’histoire en 1999 avec l’objectif d’étudier sa propre histoire, de réfléchir sur sa mémoire et de valoriser l’ensemble des travaux dont elle fait l’objet sur un site web dédié. Ce Comité d’histoire est doté d’un Conseil scientifique composé de personnalités spécialisées dans l’histoire culturelle.
Les sujets de recherche proposés dans ce dossier sur l’histoire de la Bibliothèque, le sont par son Comité d’histoire. Ils sont choisis en fonction des priorités accordées à ses projets. Les thématiques relèvent de l'histoire administrative, de l'histoire de ses publics et des usages, de l’architecture, des collections, du personnel, des traitements bibliothéconomiques (classification, conservation, numérisation)..., sans oublier les questions de représentations sociales. L’approche des travaux du Comité d’histoire sont volontiers pluridisciplinaires et comparatifs avec des mises en perspective globales sur l'institution bibliothèque. Si le périmètre chronologique envisagé est lui aussi très vaste, l'accent est d’abord mis sur l’histoire contemporaine qui reste encore peu étudiée, malgré l'existence de nombreuses sources archivistiques prêtes à être exploitées.  Afin de favoriser la réalisation de ces travaux de recherche, le Comité d’histoire est doté d’un budget de recherche de 10.000 € par an qu’il ventile sur différents projets en fonction de leur ampleur et de leur durée (3, 6 ou 12 mois).

1.    Julien Cain, administrateur général de la Bibliothèque nationale
Après avoir été reçu à l’agrégation d’histoire en 1911, Julien Cain (1887-1974) suit les cours de l’École du Louvre. Blessé pendant la première guerre mondiale, il travaille, de 1917 à 1927, au service de documentation étrangère commun aux ministères de la Guerre et des Affaires étrangères puis devient directeur de cabinet de Fernand Bouisson. En 1923, il épouse Lucienne Mayer. Nommé administrateur de la Bibliothèque nationale en 1930, il est révoqué de ses fonctions en 1940, arrêté en 1941, interné à la prison de la Santé puis au fort de Romainville et déporté à Buchenwald. Le 11 avril 1945, il retrouve son poste d’administrateur de la Bibliothèque nationale. Il participe à la création de l’Unesco et est nommé directeur des Bibliothèques de France et de la Lecture publique en 1946. Membre de nombreux conseils, groupes de travail ou associations, il est également président de la Caisse nationale des Lettres et du Comité d’histoire de la seconde guerre mondiale. En 1952, il est élu membre de l’académie des Beaux-Arts. Après son départ à la retraite de son poste d’administrateur de la Bibliothèque nationale et de directeur des Bibliothèques de France et de la lecture publique, il devient conservateur du musée Jacquemart-André.
Volumétrie : le fonds Julien Cain conservé au département des Manuscrits comprend 120 boîtes et est actuellement divisé en deux parties :
- Don 28423 comprenant 54 boîtes : cette partie est à classer et à inventorier. Tous les textes, articles, préfaces ne sont pas identifiés. Il y a également un travail de classement à effectuer car un même texte peut comporter plusieurs versions. Il y a une très riche correspondance à dépouiller et à inventorier, qui s’étend principalement de la fin des années 1930 au début des années 1970. Julien Cain a été en relation avec de nombreuses personnalités, dans les domaines les plus divers, que ce soit la littérature (Jean Cassou, André Maurois, Jean d’Ormesson, …) les arts (André Dunoyer de Segonzac, Gisèle Freund), ou encore la politique. Mais il faut citer aussi ses liens avec de grands professeurs de médecine (Robert Debré, Henri Mondor, Louis Pasteur Vallery-Radot), des spécialistes de la littérature (Théodore Besterman, Jean Pommier), des diplomates, des directeurs de revues et des journalistes, des directeurs de théâtre (Pierre Descaves, Jacques Hébertot) et, naturellement, beaucoup de directeurs de bibliothèques, de musées, d’organismes culturels, tant français qu’étrangers, ainsi que des conservateurs de la Bibliothèque nationale. Quelques lettres sont adressées à Lucienne Cain.
- Dons 86-14, 86-23 et 86-36. 66 boîtes : cette partie comprend surtout des papiers provenant des organismes auxquels J. Cain a appartenu et a été classée en 2008.
Ces documents sont à étoffer avec d'autres sources très variées comme celles conservées aux Archives nationales (notamment les archives du ministère de tutelle de la Bibliothèque, en charge de l'éducation nationale).
Quand la première partie aura été classée, il y aura des fusions à faire avec la partie déjà classée, concernant notamment la Commission d’histoire de la déportation ainsi que la correspondance.
Pistes de recherche : La première période (1930-1940) avant le départ de Julien Cain en camp de concentration, semble la plus novatrice de cette administration de près de trente ans, ce qui sera à vérifier et analyser. On pourra développer plusieurs domaines de recherche comme les réformes dans la gestion administrative introduites par Julien Cain, la relation de l'administrateur avec ses équipes, la politique vis-à-vis des publics, la pratique des acquisitions, points qui seront à éclairer par une étude des cercles intellectuels que fréquentait l'administrateur, les échanges internationaux avec les pays étrangers et les colonies françaises...

Contact : Marie Galvez, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 8069, marie.galvez ( arobase ) bnf ( point ) fr


2.    La Bibliothèque nationale pendant la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) - Etude de 3 mois
La Seconde Guerre Mondiale représente une période encore assez peu étudiée de l'histoire des bibliothèques, si l'on excepte l'ouvrage de Martine Poulain "Livres pillés, lectures surveillées : les bibliothèques françaises sous l'Occupation" (Paris, Gallimard, 2008). A la Bibliothèque nationale, l'époque est à la fois troublée et riche d'innovations. Elle est d'abord marquée par l'arrestation puis la déportation de l'administrateur en place depuis 1930, Julien Cain, remplacé par Bernard Faÿ (1940-1945). Comme toujours en période de conflit, les questions de personnel, de sécurité des collections, d'évacuations, reviennent au premier plan tandis que l'établissement s'efforce de continuer à proposer un service de qualité à ses nombreux lecteurs, et ce en dépit des difficultés que rencontre le dépôt légal dans une France divisée entre zone libre et zone occupée. Cependant, malgré ces temps troublés, la Bibliothèque parvient à mettre en place des réformes, à créer des départements comme le département de la Musique ou à poursuivre des travaux de rénovation, au département des Estampes, par exemple.
Il s'agira pour le chercheur de repérer les sources existant à la BnF (archives administratives et des départements spécialisés) mais aussi dans d'autres institutions (Archives nationales) sur cette période de l'histoire de la Bibliothèque. Ce repérage donnera lieu à la rédaction d'un état des sources, le plus complet et exhaustif possible, d'une bibliographie du sujet et d'un court mémoire sur les premières découvertes et conclusions observées au fil des recherches.
Sources : BnF (archives administratives et des départements spécialisés) - Archives nationales (archives des ministères principalement)
Pistes de recherche et attendus : repérage des sources - rédaction d'un état des sources - bibliographie du sujet - premières conclusions.
Calendrier : étude sur 3 mois.

Contact : Marie Galvez, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 8069, marie.galvez ( arobase ) bnf ( point ) fr

3.    De la Seconde Guerre Mondiale au projet de François Mitterrand : la Bibliothèque nationale de 1945 à 1988 - étude de 6 mois
Cette période charnière qui se situe entre deux grands moments de l'histoire de l'établissement, le second conflit mondial et la création du site de Tolbiac, demeure méconnue et n'a fait l'objet d'aucune étude très approfondie si l'on excepte les chapitres qui lui sont consacrés dans la somme Histoire des bibliothèques françaises (4 tomes, Paris, Promodis, 1988-1992). Elle correspond à la deuxième partie de l'administration de Julien Cain, de retour de déportation, remplacé en 1964 par Etienne Dennery (puis par les administrateurs Georges Le Rider, Alain Gourdon, André Miquel, et enfin Emmanuel Le Roy Ladurie). L'époque est marquée par un manque de moyens humains et financiers, situation héritée de la guerre mais qui s'installe dans les décennies suivantes tandis que la Bibliothèque doit faire face à un nombre croissant de lecteurs et à une augmentation de la production imprimée, et donc du dépôt légal, que les bâtiments de la rue de Richelieu peinent à accueillir. C'est dans ce contexte qu'intervient l'annonce présidentielle de François Mitterrand en 1988.
Il s'agira pour le chercheur de repérer les sources existant à la BnF (principalement le fonds du secrétariat général de l'établissement) et dans d'autres institutions (Archives nationales, fonds du ministère de la Culture, de l'Education nationale, de la Direction du Livre et de la Lecture), de rédiger un état des sources le plus complet et le plus exhaustif possible, une bibliographie et un mémoire sur les conclusions observées au cours des recherches. Compte tenu du caractère contemporain de la période, le recours aux témoignages oraux sera nécessaire.
Sources : BnF (fonds du secrétariat général de l'établissement) - Archives nationales (archives des ministères de la Culture, de l'Education nationale, de la Direction du Livre et de la Lecture)
Pistes de recherche et attendus : repérage des sources - rédaction d'un état des sources - bibliographie du sujet – conclusions.

Contact : Marie Galvez, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 8069, marie.galvez ( arobase ) bnf ( point ) fr


4.    Histoire de « La Joie par les livres : 1963-2007 » - Etude de 12 mois
Étude historique de l’action d’une association pilote pour le développement de la littérature de jeunesse en France, de ses acteurs et soutiens : la Joie par les Livres, de 1963 jusqu’à son rattachement à la BnF en 2007. Le chercheur aurait à travailler à partir du fonds d’archives des associations Joie par les Livres, Amis de la Joie par les Livres, et du service qui en est issu et a fonctionné de 1971 à 2007.
Volumétrie : 250 mètres linéaires d’archives de l’association et du service. À consulter également : les Papiers Natha Caputo (notes critiques, collections données, traductions réalisées…).
Pistes de recherche : Étude des acteurs et des réseaux relationnels (rapports avec l’ABF, la Bibliothèque nationale....) ; le travail de communication et d’événementiel autour de ce projet ; l’influence des techniques et idées américaines. Une étude sociale et urbaine locale est aussi pertinente.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

5.    Les publics de la Bibliothèque nationale : approche historique - Etude de 12 mois
Au service d’abord de la communauté restreinte des érudits et lettrés, les bibliothèques s’ouvrent peu à peu à un public plus nombreux et plus varié, en réponse aux mutations politiques, sociales et culturelles. La science bibliothéconomique émerge et, en son sein, la question de la lecture publique. Bien que la première bibliothèque française n’ait pas eu – et ce depuis son origine en raison de son mission de dépositaire de la collection patrimoniale française de référence – la nécessité impérieuse de se définir par rapport à un ou des publics prédéfinis pour exister, puisqu’elle englobait dans ses missions les publics présents et futurs, elle n’a cessé cependant de réfléchir et de s’adapter à des publics qui évoluaient, en son sein et autour d’elle. En effet, à côté des lecteurs savants, des lecteurs atypiques, catégorie mouvante se tournant vers la bibliothèque « de dernier recours », comme des lecteurs « de tout venant », utilisateurs au XIXe siècle d’une salle B, ancêtre de la Bibliothèque Haut-de-jardin, ont franchi le porche du 58 rue de Richelieu.
Volumétrie : à préciser suivant le sujet de recherche retenu.
Pistes de recherche : Plusieurs recherches ont déjà été réalisées, qui constitueront une bibliographie initiale. Le chercheur devra définir une problématique intéressante en fonction de la chronologie retenue : par exemple, - émergence et développement de la notion de grand public ; - recensement des lecteurs illustres de la Bibliothèque nationale à travers des témoignages littéraires, correspondances, etc. ; - lecteurs étrangers ; analyse des guides et règlements intérieurs…

Contact : Anne Pasquignon, adjointe au  directeur des collections pour les questions scientifiques et techniques.
Tél. 01 5379 5002, anne.pasquignon  ( arobase ) bnf ( point ) fr

6.    Histoire des femmes à la Bibliothèque nationale - Etude de 12 mois
L’histoire des femmes à la Bibliothèque nationale se lit en filigrane de nombreuses études historiques menées sur telle ou telle époque, mais aucune étude d’envergure n’a encore été lancée sur le sujet au-delà de quelques articles biographiques consacrés à quelques personnalités marquantes, lectrices ou membres du personnel de la Bibliothèque. La richesse des archives de la Bibliothèque sur ce thème ne cesse toutefois d’être prouvée et se prête à tous types de recherches, de l’approfondissement d’une thématique particulière jusqu’à une grande synthèse originale, sans exclure aucune discipline ni méthodologie.
Les sources permettent de dégager une périodisation caractéristique de la féminisation dans les institutions publiques et de la société française : les premières ouvrières des ateliers de restauration du Second Empire, les premières lectrices, la première femme directeur de département (Myriam Foncin nommée en 1942 à la tête du département des Cartes et plans), la rupture du plafond de verre et l’accès aux fonctions de direction et d’administration générale.
La spécificité de la BnF aujourd’hui peut également constituer une piste d’intérêt, avec un recrutement des agents largement indifférent au sexe dans l'attribution des affectations, magasiniers porteurs de charges y compris. Aux échelons supérieurs de l’organigramme, l’établissement public présente un management supérieur presque absolument équilibré entre hommes et femmes depuis le niveau des chefs de service : est-ce une caractéristique de la Bibliothèques ou des bibliothèques, des établissements culturels en général, un modèle transposable dans d’autres institutions ?
Volumétrie : à préciser en fonction de la problématique retenue.
Pistes de recherche : Pouvant s’inspirer de domaines aussi variés que la bibliothéconomie et l’histoire des bibliothèques, mais aussi la sociologie et les études de genre, cette recherche pourra également s’appuyer dans un premier temps sur les travaux antérieurs consacrés à la Bibliothèque (thèses, mémoires, articles), qui permettront de constituer une indispensable bibliographie commentée. Le recours aux archives administratives (dont les rapports annuels et les études internes sur les emplois et les personnels), aux archives orales, mais aussi aux publications (catalogues ou expositions dirigées par des conservatrices, récits de lectrices, réseaux sociaux...) devrait assurer une visibilité forte aux résultats obtenus : publications, présentations en lien avec le comité d’histoire de l’institution, éventuellement valorisation d’une partie des sources par la numérisation.

Contact : Anne Pasquignon, adjointe au  directeur des collections pour les questions scientifiques et techniques.
Tél. 01 5379 5002, anne.pasquignon  ( arobase ) bnf ( point ) fr

7.    Histoire de la constitution des collections orientales du département des Manuscrits - Etude de 12 mois
Les débuts des collections orientales remontent au règne de François Ier (1515-1547). Les principaux enrichissements datent du règne de Louis XIV et des confiscations révolutionnaires.
Tout au long du XIXe siècle, les accroissements restent importants, s'effectuant par achat de collections ou de parties de collections auprès de particuliers, ou par l'intermédiaire de libraires, tel Benjamin Duprat. Parmi les plus remarquables, on peut citer l'achat en 1833 de la collection de manuscrits arabes, persans, turcs, coptes... que Jean-Louis Asselin de Cherville (1772-1822) avait formée au Caire alors qu'il était vice-consul, ou encore, entre 1840 et 1848, l'acquisition de plusieurs milliers de volumes chinois, japonais ou mandchous issus des collections de Jules Klaproth (1783-1835), mais surtout de celles de Stanislas Julien (1797-1873), membre de l'Institut, professeur au Collège de France, nommé conservateur adjoint au département des Manuscrits en 1840 où il sera chargé jusqu'à sa mort du catalogue et de la conservation du fonds chinois.
Deux acquisitions exceptionnelles marquent la fin du XIXe siècle : la collection de manuscrits mexicains de Joseph-Marie Aubin et celle de manuscrits turcs, arabes et persans de Charles Schefer, diplomate à Istanbul.
L'acquisition la plus extraordinaire reste, en 1910, celle des documents  rapportés par Paul Pelliot. Pour le XXe siècle, il faut encore citer, parmi les plus marquantes des acquisitions, le dépôt par l'Institut, en 1902, des 234 manuscrits éthiopiens qu'Antoine d'Abbadie (1810-1897) ; l'achat en 1911 d'un important ensemble d'éditions xylographiques anciennes et de cartes géographiques provenant de la vente à l'Hôtel Drouot, des collections de Victor Collin de Plancy, pour leur grande majorité coréennes, mais aussi chinoises et japonaises ; le legs par Émile Senart (1928) de sa collection de manuscrits riche de 321 documents en sanscrit et de quelques autres en diverses langues de l'Asie du Sud ; l'acquisition en 1932 de la collection que le docteur Palmyr Cordier avait réunie en Inde ; l'entrée en 1935 de 370 manuscrits éthiopiens que la mission Dakar-Djibouti avait récoltés dans la région de Gondar ; l'achat en 1946 de la bibliothèque personnelle de Paul Pelliot.
L’histoire moderne et contemporaine de ces collections et enrichissements est encore à écrire.
Volumétrie : plusieurs milliers de manuscrits.
Pistes de recherches : histoire du livre et de l’écriture, histoire des bibliothèques, histoires des collections et des collectionneurs, histoire de la sinologie, histoire de l’orientalisme, histoire des orientalistes.

Contact : Isabelle le Masne de Chermont, directrice du département des Manuscrits.
Tél. : 01 5379 8322, isabelle.le-masne-de-chermont ( arobase ) bnf ( point ) fr

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