Axes de recherche proposés par les départements de la BnF > Axe 3 : Etudes et valorisation des collections

La richesse exceptionnelle des collections autant que leur ampleur permettent aux différents chercheurs d’explorer des sources inédites dans leur domaine. La Bibliothèque leur offre une grande diversité de sources : ses propres archives, ses fonds non encore classés ou inventoriés, ses acquisitions patrimoniales récentes, ou encore les données issues du dépôt légal de l’internet. Par leur encyclopédisme revendiqué et cultivé depuis l’origine, les collections de la Bibliothèque permettent aux chercheurs de l’ensemble des disciplines universitaires d’y trouver leur intérêt.

La recherche à la Bibliothèque est d’une grande exigence et richesse. Ses résultats méritent donc d’être diffusés dans un large public. Les mécènes de la Bibliothèque qui accompagnent ses chercheurs y sont très attachés. Les journées européennes du patrimoine sont également un moment de rencontre entre le grand public, qui vient à la découverte des collections de la Bibliothèque, et les chercheurs. Dans chacun de ces cas, le travail de recherche est un moyen de développer la visibilité des collections de la Bibliothèque.

Pour aider les chercheurs dans leur choix, certains départements de la Bibliothèque proposent des sujets pouvant s’inscrire dans des travaux de masters recherche ou plus souvent de thèses. Parmi les 19 sujets proposés dans ce premier axe « Etude et valorisation des collections », un grand nombre porte sur  des collections conservées au département des manuscrits. Non développé dans cette liste, un travail de recherche pourrait être mené sur le fonds Antonio Tabucchi, acquis récemment et encore en cours d’acquisition, dont une petite partie a pu être aperçue par le grand public. D’autres sujets ont un corpus à circonscrire comme celui portant sur les manuscrits khmers.

Le multimédia

11.    Les pratiques commémoratives et mémorielles au travers de la  Grand Guerre sur le web
La Bibliothèque nationale de France met à la disposition des chercheurs les archives de l’internet constituées de sites web du domaine français collectés et conservés dans le cadre d’expérimentations, puis en application de la loi DADVSI du 1er août 2006 sur le dépôt légal d’internet. Pour l’essentiel issues de collectes annuelles de l’ensemble du web français, elles sont complétées par des collectes sélectives ciblant plus particulièrement certaines thématiques (« web électoral », « web militant », « web solidaire »...). Ces collections offrent un ensemble de sources particulièrement riche pour la recherche en sciences humaines.
Parmi les collectes ciblées, celle de « la Grande guerre sur le web», lancée en 2013, et menée jusqu’en 2019, a pour objet de recenser les sites et blogs évoquant la Première Guerre mondiale dans une perspective mémorielle et/ou commémorative qu’elle soit institutionnelle et inscrite dans les actions officielles autour du centenaire  ou relevant d’initiatives patrimonialisantes à l’échelle locale, ou bien encore de la sphère de l’intime projetée sur les réseaux sociaux. Le web 14-18 suscite nombre d’interrogations chez les chercheurs et les professionnels de la médiation numérique : proposées en avril 2015 par la Mission du Centenaire, les Rencontres du web 14-18 ont par exemple réuni les grands acteurs du web et les spécialistes de la Première Guerre mondiale pour échanger et s'interroger sur la manière dont internet a modifié la perception de la Grande Guerre. La collecte « Grande guerre sur le web » organisée par la BnF a déjà alimenté des recherches comme « Le devenir en ligne du patrimoine numérisé: l’exemple de la Grande Guerre », projet de recherche conduit par la BnF, la BDIC et Télécom ParisTech dans le cadre du Labex Les Passés dans le présent, Investissements d’avenir.
La collecte « Grande guerre sur le web » constitue donc pour les chercheurs (historiens, anthropologues, sociologues, etc.) un corpus exceptionnel pour analyser la manière dont le web appréhende la question de l’histoire et de la mémoire, à travers des pratiques commémoratives et mémorielles institutionnalisées, encouragées et médiatisées d’une part, et des pratiques associatives ou personnelles d’autre part.
Volumétrie : Plus de mille sites ont été collectés entre 2013 et 2017. Ils ont fait l’objet d’une indexation par émetteurs, thématiques principales, et lieux géographiques.
Pistes de recherche :
- Le lexique de la Grande Guerre sur internet. Comment la Première Guerre mondiale et son centenaire sont-ils évoqués sur internet ? De quels registres sémantiques relève cette évocation ? Est-on davantage du côté de l’histoire ou de la mémoire ? de la science ou de l’émotionnel ?
- En quoi internet influence-t-il la patrimonialisation de la Grande Guerre? La grande présence en ligne des acteurs du Centenaire crée-t-elle une émulation ? Comment les canaux traditionnels de patrimonialisation sont-ils revisités grâce au web ?
- Diversification ou uniformisation du web 14-18 ? La numérisation et la mise en ligne de nombreuses sources ayant trait à la Première Guerre mondiale entraînent-t-elles une diversification des sites autour de 14-18 ou au contraire une uniformisation autour de quelques  modèles institutionnels ou privés ? De nouvelles thématiques apparaissent-elles au fur et à mesure de la nature différente des événements commémorés (Verdun ; mutineries ; etc.) ?
Le travail du chercheur associé permettrait également la valorisation de ces collections numériques à travers la constitution de corpus commentés consultables dans les salles de lecture de la Bibliothèque nationale de France.

Contact : Fabien Plazannet, directeur du département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
Tél. 01 5379 5050, fabien.plazannet ( arobase ) bnf ( point ) fr

12.    L’édition pédagogique multimédia
Le dépôt légal des documents multimédias a été institué en 1975 : il s’agissait de documents composites, majoritairement édités dans le domaine pédagogique. Le fonds concerné par cette étude comprend aussi bien des mallettes pédagogiques, des brochures accompagnées de diapositives que des cédéroms d’autoformation. Le département de l’Audiovisuel est ainsi riche d’un fonds de logiciels éducatifs reçus au titre du dépôt légal et enrichi de dons (par exemple, le fonds du Centre d'Etudes des Systèmes et des Techniques Avancées (CESTA) donné par la logithèque de la Cité des Sciences et de l'Industrie en 2003). Cet ensemble témoigne du volet pédagogique de l’édition multimédia présent dès les origines et reconnu et encouragé par les pouvoirs publics dès le début des années 1980 avec le plan informatique pour tous qui introduisit l’ordinateur dans les écoles. Il entendait mettre à profit les possibilités offertes par ce nouveau medium pour favoriser l’apprentissage en répondant aux nouvelles préconisations pédagogiques en faveur de la participation active.
Volumétrie : Plusieurs milliers de documents répartis entre les cotes multimédias multisupports et documents électroniques.
Pistes de recherche : La recherche peut porter sur l’histoire éditoriale, ou sur des thèmes spécifiques comme les programmes scolaires, l’apprentissage des langues ou la formation des adultes. Dans le domaine du multimédia pédagogique, le chercheur s’intéressera aussi bien à une analyse des mécanismes d’apprentissage retenus qu’aux acteurs de cette production où voisinent grands groupes d’édition et simples particuliers souvent membres du corps enseignant. Pistes principales : histoire des méthodes pédagogiques, histoire de l’interactivité, histoire de l’édition pédagogique multimédia en France.

Contact : Pascale Issartel, directrice du département de l’Audiovisuel
Tél. : 01 5379 5300, pascale.issartel ( arobase ) bnf (point) fr

13.    L’édition vidéoludique française des premiers temps
Le département de l’Audiovisuel détient une collection de jeux vidéo constituée à partir du milieu des années 1990, quand le dépôt légal fut étendu à cette catégorie de documents, et enrichie depuis quelques années par des acquisitions de titres plus anciens visant à renseigner les débuts de l'édition vidéoludique.
Or, si l’importance du jeu vidéo d'un point de vue économique comme culturel est maintenant reconnue, le rôle joué par la France dès le début des années 1980 est encore bien souvent ignoré tant ce secteur d'activité est traditionnellement associé aux grandes sociétés américaines ou japonaises.
Le fonds conservé par la BnF, au vu de son mode de constitution, est une source de première importance pour étudier cette production française encore méconnue. Il s’agirait de recenser les diverses entités (éditeurs, studios de développement) françaises ayant œuvré dans ce domaine et de dresser le catalogue de leurs titres publiés ou abandonnés, ce qui permettrait, par la même occasion, de réunir des informations et des témoignages sur des sociétés dont beaucoup ont disparu au début des années 2000. L’édition vidéoludique du début des années 1980 a été défrichée par Benjamin Barbier, chercheur associé de 2013 à 2016, qui a permis d'organiser en 2016 les premières séances d’un cycle de conférences sur les pionniers du jeu vidéo français .
Volumétrie : sont concernés quelques milliers de documents conservés dans les fonds de documents électroniques du service « Multimédias » du département de l’audiovisuel.
Pistes de recherches : L’étude pourra porter aussi bien sur les acteurs qui furent à l’origine de cette production vidéoludique que sur les titres eux-mêmes, dont l’analyse pourrait conduire à définir une spécificité française. Dresser l’inventaire des titres édités permettrait, par ailleurs, d’aider à définir la politique d’acquisition rétrospective et à estimer le niveau de complétude des collections.

Contact : Pascale Issartel, directrice du département de l’Audiovisuel
Tél. : 01 5379 5300, pascale.issartel ( arobase ) bnf (point) fr

14.    Les débuts de l’écriture interactive
Dans les années 1990, le CD-ROM, en autorisant l’association de sons, d’images et de textes, fut un support d’innovation qui permit notamment de rompre avec la linéarité de l’écriture. Ces années pionnières ont ensuite été occultées par le triomphe des recherches menées sur le Web mais le département de l’Audiovisuel détient un fonds constitué par dépôt légal qui illustre les expérimentations menées alors en France aussi bien par de grands groupes qui s’étaient dotés de départements spécialisés (Gallimard, Flammarion, Bayard) que par de petites structures convaincues des potentialités du médium (Dada Media, Kaona) et destinées à la jeunesse  aussi bien qu’au  public adulte.
À l’heure de la lecture sur appareils mobiles et des nouvelles formes d’écritures interactives qui prennent aussi  bien la forme de livres numériques enrichis que d’applications, il semble intéressant de mener une analyse historique  sur ce fonds et de s’interroger sur la continuité à la fois des acteurs et des solutions proposées.
Volumétrie : sont concernés quelques centaines de documents conservés dans les fonds du service « Multimédias » du département de l’audiovisuel.
Pistes de recherche : dresser un panorama des formes narratives employées sous l’aspect théorique ou technique ; étudier la continuité avec les expérimentations contemporaines ; faire l'histoire de l'édition.

Contact : Pascale Issartel, directrice du département de l’Audiovisuel
Tél. : 01 5379 5300, pascale.issartel ( arobase ) bnf (point) fr


Images et iconographie

15.    Les cinéphilies à l'heure d'Internet
Dans le cadre du dépôt légal des sites Internet français, la Bibliothèque a archivé depuis presque dix ans de nombreux contenus en ligne qui ont participé d'une mutation des cultures cinéphiliques. Blogs de critiques, notation et discussion des films par les spectateurs, partage d'extraits et de teasers, détournements et parodies... traduisent une transformation du rapport aux œuvres, au vedettariat, aux références canoniques, etc. Ces objets pourraient être analysés suivant une approche tant historique que sociologique ou textuelle.
Volumétrie : les sites à thème cinéma sélectionnés pour la collecte du web sont au nombre de 1400. Ils sont complétés par d’autres sites collectés de manière automatique.
Pistes de recherche : structuration d'un espace de discussion cinéphilique sur le web et ses lieux ; articulation entre promotion, critique et discussion ; modalités de l'écriture sur le cinéma et en particulier l'utilisation de l'image (fixe et vidéo).

Contact : Pascale Issartel, directrice du département de l’Audiovisuel
Tél. : 01 5379 5300, pascale.issartel ( arobase ) bnf (point) fr
Alain Carou, référent scientifique
Tél. 01 5379 5322, alain.carou ( arobase ) bnf ( point ) fr

16.    Décors et costumes de music-hall dans l’entre-deux-guerres
Durant la période de l’entre-deux-guerres, music-hall et opérette attirent un public populaire et nombreux. Les revues à grand spectacle se succèdent à un rythme soutenu au Casino de Paris, au Moulin Rouge, au Concert Mayol. Les salles de spectacle parisiennes se livrent entre elles à une concurrence acharnée où l’argument publicitaire auprès des spectateurs potentiels repose aussi bien sur la célébrité et la valeur des chansonniers vedettes que sur le luxe des décors et l’exubérance des costumes, multipliés à loisir. Les décorateurs et costumiers les plus connus, Erté, Mayo, Paul Colin, Charles Gesmar, Jenny Carré se sont particulièrement illustrés sur ces scènes.
Le département des Arts du spectacle conserve d'importantes collections en lien avec le music-hall: gravures, photographies dont une part importante a été récemment numérisées, programmes, recueils de portraits, fonds d'archives sur Mistinguette, Legrand-Chabrier, Mévisto, Géo Sandry, Floria Toldy... ainsi que de très nombreuses maquettes. Ces dernières sont signées des artistes précédemment cités comme d'Olga Choumansky, Marcel Multzer, José de Zamora, H.G. Ibels, Jean Le Seyeux ou encore Raymond Deshays.
Corpus : Si de nombreuses maquettes de décors et de costumes sont déjà décrites, plusieurs centaines ne sont pas précisément identifiées.
Pistes de recherches : Le chercheur poursuivra l’identification des spectacles pour lesquels ont été dessinées les maquettes et le contexte de leur production, en exploitant les ressources sur tous supports conservés par le département. L’exploitation de ces documents s’inscrit autant dans le cadre de l’histoire de l’art que de l’histoire des pratiques théâtrales. Cette recherche peut s'inscrire dans l'histoire de la production des spectacles de music-hall, des liens du music-hall avec les autres types de scènes (théâtre, cirque...) pour lesquelles les mêmes artistes ont pu œuvrer. Elle peut également s'étendre à l'histoire des femmes au théâtre, sur scène et dans les coulisses.

Contact : Joël Huthwohl, directeur du département des Arts du spectacle
Tél. : 01 5379 3731, joel.huthwohl ( arobase ) bnf ( point ) fr

17.    La mode et l’Opéra de Paris
À partir de la fin du XIXe siècle paraissent les premiers périodiques illustrés de théâtre tandis que les programmes de l’Opéra s'enrichissent de publicités, notamment pour des maisons de couture et pour des parfumeurs. Tout au long du XIXe siècle, les couturiers jouent un rôle important dans le renouveau du costume de danse et d’opéra.
Volumétrie : La Bibliothèque-musée de l’Opéra conserve l’ensemble de la documentation (revues, programmes, maquettes de costumes) permettant d'écrire l’histoire des relations riches et complexes qui unissent la mode et l’Opéra de Paris. Il est difficile d’en donner une volumétrie précise.
Pistes de recherches : Le sujet de recherche peut-être appréhendé de manière globale, ou de manière plus circonscrite, par exemple sur la publicité dans les programmes de l’Opéra pendant la Belle Époque.

Contact : Mathias Auclair, directeur du département de la Musique
Tél. : 01 5379 8851, mathias.auclair (arobase) bnf (point) fr

18.    Roma triumphans. Le médaillier des papes : une source pour l’histoire de l’architecture
Transférée de Rome à Paris sous le Premier Empire, la collection des médailles des papes se trouve depuis conservée au département des Monnaies, médailles et antiques. Elle comporte près de 1 700 médailles du XVe au XVIIIe siècle que sont venues compléter, par dons et acquisitions, des médailles de souverains pontifes du XIXe siècle. Si une partie a été récemment inventoriée sur base de données (papes du XVIIe siècle), le reste de la série n’est répertorié qu’à travers un registre manuscrit.
Volumétrie : 500 médailles ou plus, selon la tranche chronologique retenue.
Pistes de recherche : La poursuite de l’inventaire sur base de données de la collection permettra de sélectionner des exemplaires intéressants pour une ou plusieurs études thématiques. Les représentations d’architecture sont nombreuses dans les médailles pontificales : élévations, plans, vues cavalières, parfois avant la réalisation même des monuments, les médailles conservant alors un état du projet. D’autres furent spécifiquement conçues comme médailles de fondation. La collection pourra donc nourrir la recherche sur l’urbanisme romain, l’évergétisme des souverains pontifes ou encore l’importance de ce rôle de bâtisseur dans la construction de leur image.

Contacts : Frédérique Duyrat, directrice du département des Monnaies, médailles et antiques.
Tél. : 01 5379 8363, frederique.duyrat ( arobase ) bnf ( point ) fr
Inès Villela-Petit, référent scientifique.
Tél. : 01 5379 8383,  ines.villela-petit ( arobase ) bnf (point) fr

19.    Les armoriaux peints manuscrits du département des Manuscrits (XVe-XVIIIe siècles)
Le département des Manuscrits de la BnF possède une des plus importantes collections au monde de recueils d’armoriaux peints du Moyen-Âge et de l’époque moderne. Ces recueils eurent un très grand succès à partir du XVe siècle, même si quelques exemples antérieurs existent, parfois connus par des copies postérieures. Par leur variété (armoriaux généraux, de familles, de régions, de tournois, d’ordres de chevalerie, de personnages réels ou imaginaires) ils permettent de jeter un regard original sur l’histoire sociale et culturelle de l’Europe, notamment du royaume de France. Très sollicités et fragilisés, ils ont été microfilmés en noir et blanc, un support peu adapté à ce type de document où la couleur a une place primordiale. Un premier ensemble de 200 armoriaux (hors Armorial général de France déjà en ligne) a été numérisé en couleur en 2013 et versé dans Gallica. Cette mise en ligne offre une matière extrêmement précieuse pour les chercheurs et nécessite d’être suivie d’une refonte des notices et d’une étude globale de la collection.
Volumétrie : environ 250 volumes, à préciser durant l’étude et à compléter par des investigations dans les autres fonds (NAF et érudits en particulier).
Pistes de recherche : les armoriaux offrent des pistes de recherches variées alliant l’histoire du livre (typologie et réalisation des volumes), l’histoire sociale et politique (identification des commanditaires, raisons de cette commande) et l’histoire culturelle (image de la société que renvoient les armoriaux, devenir des armoriaux dans les bibliothèques érudites à partir de la fin du XVIe siècle).

Contact : Isabelle le Masne de Chermont, directrice du département des Manuscrits.
Tél. : 01 5379 8322, isabelle.le-masne-de-chermont ( arobase ) bnf ( point ) fr
Maxence Hermant, référent scientifique
Tél. : 01 5379 4617, maxence.hermant ( arobase ) bnf ( point ) fr

20.    Les cartonnages illustrés de livres pour l'enfance et la jeunesse
La Bibliothèque conserve de nombreux volumes des XIXe et XXe siècles entrés par dons ou acquisitions, alors que les éditeurs ne déposaient que des versions « économiques ». Il n’existe pas de réelle vue d'ensemble de ces collections, mettant en rapport les grandes collections privées avec les collections publiques. Les fonds à étudier sont conservés aux départements Littérature et art et Philosophie, histoire, sciences de l’homme, au Centre national de la littérature pour la jeunesse et à la Réserve des livres rares.
Volumétrie : quelques milliers de volumes.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

21.    Le livre d’images ou album pour l'enfance et la jeunesse, 1820-1920
Le livre d’images se développe massivement à partir du XIXe siècle suite aux progrès de l’imprimerie et touche très vite l’édition pour enfant, connaissant des formes variées jusqu’à évoluer vers les « albums ». Luxueux parfois, souvent populaires, une grande partie des ouvrages conservés à la Bibliothèque nationale de France est mal connue.
Volumétrie : L’étude s’appuiera, de manière transversale, sur les fonds conservés au département Littérature et art, au Centre national de la littérature pour la jeunesse, au département des Estampes et de la photographie et à la Réserve des livres rares.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

22.    Les magazines de comics édités en France, à partir du don Marvel  
La bande dessinée américaine, à l’influence souveraine dans les années 1930 en France, a connu un regain de popularité à travers le genre des « super-héros » à la fin des années 1960. Longtemps mal reçues en France, les productions des éditeurs comme Marvel ou DC Comics se sont inscrits dans le continent des publications populaires « illégitimes », passant à travers des filtres éditoriaux nombreux, avant d’arriver récemment à une certaine reconnaissance critique. Le don Marvel constituera la pierre angulaire de cette recherche ; en effet, un don exceptionnel de revues américaines illustrées est entré à la BnF en 2006 : 168 titres de comics de l’éditeur Marvel ont été donnés par le Centre national de la bande dessinée et de l’image (Angoulême), pôle associé de la BnF pour la bande dessinée.
Volumétrie : plusieurs dizaines de milliers de fascicules, dans les collections des départements Littérature et art, et Droit, économie, politique.
Pistes de recherche : les rapports avec la censure, les questions de traduction, le choix des séries, les contacts commerciaux, les éditeurs spécialisés...

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département littérature et art.
Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

23.    Les artistes et le livre pour enfant au XXe siècle
Depuis la naissance d’une bibliophilie consacrée au livre pour enfant, à la fin du XIXe siècle, jusqu’aux créations uniques artistiques actuelles, le livre pour enfant est devenu un terrain de création pour des objets rares, étonnants, exceptionnels, faisant souvent intervenir des artistes étrangers au monde du livre (peintres, sculpteurs, designers, décorateurs....). La question du livre d’artiste est une des pistes de recherche émergente en France comme aux États-Unis, se heurtant souvent à une définition encore complexe, et à des corpus restant encore largement à établir ou découvrir.
Volumétrie : quelques milliers de titres. Fonds conservés à la Réserve des livres rares, au département Littérature et art, au Centre national de la littérature pour la jeunesse.
Pistes de recherches : Le chercheur aura à dégager une problématique, l’intérêt du livre d’artiste pour enfants est qu’il se situe et se développe dans des champs multiples : entre bibliophilie, intervention artistique et création.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

24. L’illustration zoologique dans les collections de la BnF
La BnF possède des fonds peu connus mais bien délimités en histoire naturelle : cote S de la cotation Clément (Réserve et département Sciences et Techniques), cote J du département des Estampes. La bibliothèque est l’héritière à la fois des collections royales et d’une active politique d’acquisitions et d’échanges au niveau européen. Elle regroupe à la fois des ouvrages très recherchés comme ceux d’Audubon ou de Merian, mais aussi des recueils manuscrits de grands naturalistes ou illustrateurs comme Claude Aubriet, peintre des Vélins du roi ou Jacques de Sève, qui illustra l’Histoire naturelle de Buffon. Le domaine a déjà donné lieu à des publications comme Métamorphoses ou Animal.
Volumétrie : quelques milliers de volumes
Pistes de recherche : il est possible de limiter le sujet à une période, une région, un auteur ou un animal donnés. Le sujet intéresse autant l’histoire des sciences que l’histoire de l’art ou l’histoire de l’édition.

Contact : Michel Netzer, directeur du département Sciences et techniques
Tél. 01 5379 5150, michel.netzer ( arobase ) bnf ( point ) fr

Sons et musicologie


25.    Inventaire des fonds de musiques arabe et maghrébine enregistrées dans les collections audiovisuelles de la BnF
Les fonds sonores du département de l’Audiovisuel de la Bibliothèque offrent l’une des collections institutionnelles de musiques arabe et maghrébine enregistrées probablement parmi les plus importantes au monde avec plusieurs milliers de références. Enrichie par le dépôt légal (depuis 1938), par des dons et des acquisitions, cette collection couvre tout le XXe siècle et se poursuit jusqu’à nos jours.
Fruit des rapports complexes qu’entretient la France avec les pays du Maghreb notamment, cette collection témoigne de l’histoire de l’édition phonographique (les catalogues Pathé d’Afrique du Nord…), de l’évolution des répertoires (des monologues comiques du début du XXe siècle au raï), mais aussi des mouvements historiques, culturels et sociaux qui la traversent (histoire coloniale, histoire de l’immigration).
Pistes de recherche : Le travail s’attachera à identifier les marques phonographiques ayant œuvré dans ce secteur éditorial, comme Pathé (Pathé – Pathé Marconi – EMI…), Gramophone, Baidaphon, Cairophon, etc., et à ordonner en un inventaire raisonné les références de musiques arabe et maghrébine présentes dans leur catalogue. En parallèle, l’établissement d’un index des interprètes permettra d’enrichir le fichier de notices d’autorité de la BnF. Au sein des collections de la BnF, l’approche devra croiser plusieurs sources :
-    les catalogues des marques phonographiques, lorsqu’ils existent ;
-    les disques eux-mêmes ;
-    les sources bibliographiques disponibles.
Compétence exigée : maîtrise de la langue arabe impérative.

Contact : Pascale Issartel, directrice du département de l’Audiovisuel
Tél. : 01 5379 5300, pascale.issartel ( arobase ) bnf (point) fr
Pascal Cordereix, référent scientifique, département de l’Audiovisuel
Tél. : 01 5379 8547, pascal.codereix ( arobase ) bnf (point) fr

26.    La collection Charles Cros
La collection Charles Cros, conservée au département de l’Audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France, rassemble plus de 1 400 appareils de lecture et d’enregistrement de document sonores, vidéos, multimédias et électroniques, du premier phonographe commercialisé par Edison en 1878 aux consoles de jeux vidéo les plus récentes. En lien avec les collections sonores, vidéo et multimédia conservées au département de l’Audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France, la collection comprend également un ensemble d’appareils de musique mécanique (orgues de barbarie et pianos mécaniques) et d’instruments de phonétique et d’acoustique du XIXe siècle. Développée dès la fondation des Archives de la Parole en 1911, elle continue de s’accroître par don, par acquisition, ou au rythme de l’obsolescence des appareils utilisés au sein même du département. C’est ainsi un ensemble unique d’appareils qui rend compte de l’histoire de l’enregistrement et de la diffusion des médias audiovisuels.
La collection est décrite dans BnF-Archives et manuscrits. [En ligne] URL : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc97705f
Une partie des appareils sont valorisés dans Gallica sous forme d’expositions virtuelles thématiques. [En ligne] URL : http://gallica.bnf.fr/html/und/objets/collection-charles-cros
Volumétrie : Plus de 1 400 appareils relevant de nombreux domaines : musique mécanique, phonétique, acoustique, son, vidéo, micro-informatique, jeux vidéo.
Pistes de recherche : L’étendue de la collection Charles Cros permet d’envisager de nombreuses études dans le champ historique, au carrefour de la science et de la culture : histoire des techniques d’enregistrement et de diffusion, histoire des pratiques d’écoute et de consultation, histoire esthétique enfin, tant les formes de chaque appareil témoignent de l’époque qui l’a vu naître. La recherche envisagée pourra considérer la collection dans son ensemble ou bien, au contraire, restreindre le sujet à une famille d’appareils en particulier.

Contact : Pascale Issartel, directrice du département de l’Audiovisuel
Tél. : 01 5379 5300, pascale.issartel ( arobase ) bnf (point) fr


27.    Les échanges culturels musicaux dans l’entre-deux-guerres à travers les archives de l’Association française d’action artistique (AFAA) (1922-1946)
Créée en 1922 sous le double parrainage des ministères de l’Instruction publique (Direction des Beaux-Arts) et des Affaires étrangères, l’Association française d'expansion artistique, future AFAA, a pour objet le développement d’échanges artistiques internationaux et la diffusion de la culture française à l’étranger. Reconnue d’utilité publique dès 1923,  elle a soutenu nombre de projets artistiques à l’étranger, notamment dans le domaine de la musique et de la danse, dans le but politique de développer le rayonnement de la France à l’étranger.
Le département de la Musique conserve un très riche fonds documentaire produit par cette association dénommé fonds Montpensier, du nom de la rue où était logé le Secrétariat d'Etat aux Beaux-Arts auquel elle était rattachée. Organisé par pays puis par domaine d’activité (chorégraphies et compagnies de ballet, artistes lyriques, compositeurs, virtuoses, critiques musicaux, formations instrumentales, villes, etc.), ce fonds est principalement constitué de dossiers de presse, accompagnés le plus souvent de notices biographiques et parfois de courriers adressés à Robert Brussel, fondateur et directeur de l'AFAA de 1922 à 1938.  Ce fonds est cependant encore insuffisamment connu des chercheurs : si la correspondance est bien signalée dans le catalogue général,  la partie documentaire d'une grande richesse, tant au niveau des acteurs français qu’internationaux, n'est signalée dans aucun catalogue.
La dimension politique de cette association, qui transforme un écosystème culturel jusqu’alors tributaire exclusivement de capitaux privés en outil de gouvernement sinon de propagande est  par ailleurs le plus souvent inconnue des lecteurs. Ce qui amène à s’interroger sur la manière dont cette volonté nouvelle marque le domaine la collecte d’information et les choix effectués, et comment elle évolue au cours de la période en fonction du contexte national et international.
L’étude s’attachera dans un premier temps à dresser un inventaire complet du fonds, dont une partie seulement est décrite dans des répertoires papiers accessibles en banque de salle, en définissant les niveaux d’inventaires les plus appropriés aux différentes parties du fonds.  Objectif : mise en ligne d’un Instrument de Recherche complet dans le catalogue Archives et manusçrits.
Dans un deuxième temps, une étude du fonds  (pays représentés ou non, choix des auteurs / œuvres mis en valeur  en France, œuvres d'artistes français promues à l’étranger …) devrait permettre une analyse distanciée et critique des choix effectués et donc de la politique mise en oeuvre à cette période et ses variations dans le contexte international de l'entre deux guerres.
Cette étude pourra également s'appuyer sur  celle du fonds  R. Brussels (IMEC), et sur les archives afférentes des deux organismes de tutelle pour la période concernée.

Contact : Mathias Auclair, directeur du département de la Musique
Tél. : 01 5379 8851, mathias.auclair (arobase) bnf (point) fr

28.    Cinquante ans de renouveau de la musique baroque à travers les archives d'interprètes et de musicologues
La musique baroque a connu au cours des cinquante dernières années une véritable renaissance. Initié et révélé au grand public par de grandes figures telles que Nikolaus Harnoncourt ou James Anthony, ce formidable mouvement, lointain héritier de la renaissance humaniste des XVe et XVIe siècle dans le domaine des lettres et arts, s'est  appuyé sur une relecture des sources musicales, théoriques et organologiques. Depuis les fameuses Rencontres de Wégimont en 1957, puis la création du Centre de musique baroque de Versailles (1987), d'innombrables publications, exécutions en concert et enregistrements, colloques et séminaires ont vu le jour, soutenus par des institutions publiques et privées, nationales et internationales.
Cette recherche à la fois esthétique et historique s'est largement appuyée sur les très riches collections conservées au département de la Musique de la BnF. Elle est aujourd'hui visible à travers plusieurs fonds d'archives conservés dans ce même département : fonds d’interprètes (Huguette Dreyfus, Claude Crussard) ou archives de musicologues (Marcelle Benoît, Nanny Bridgmann, Denise Launay, André Pirro, Yvonne Rokseth, etc.). Qu'elles aient intégré les collections il y a plusieurs années ou pour certaines très récemment  ces archives produites par deux générations de musiciens ou de chercheurs permettent aujourd'hui par une lecture distanciée de connaître et d’évaluer les choix scientifiques et esthétiques, les méthodes d'élaboration et de transmission des savoirs mis en œuvre par les différents acteurs. Cet examen critique s'inscrit dans un mouvement plus général d'interrogation sur les perspectives offertes aujourd'hui par la recherche dans le domaine de la musique baroque, avec le colloque organisé en juin 2018 par l'IReMus.
Pistes de recherche :
-    méthodologie et histoire d'un retour aux sources : éditer, interpréter la musique baroque
-    la recherche au sein des organismes internationaux, l'aventure du RISM et le rôle de la France
-    impact sur la bibliothéconomie
-    impact sur la création contemporaine
-    impact sur l'enseignement de l'interprétation
-    les grandes figures féminines et le rôle des femmes dans le renouveau de la musique baroque : de Wégimont (1957) à Paris (2018) en passant par Antony, 60 années de réflexion et d'interrogation autour de la musique baroque
Outre le recensement des archives disponibles et l'aide à leur publication dans le catalogue Archives et manuscrits, le chercheur associé ou musicien associé pourront, en lien avec l'IReMus, proposer et mettre en place des manifestations : organisation de journées d'études et de concerts à la BnF en lien avec les partenaires naturels  (CNMDP, CMBV, Fondation Royaumont, etc.).

Contact : Mathias Auclair, directeur du département de la Musique
Tél. : 01 5379 8851, mathias.auclair (arobase) bnf (point) fr

29.    Genres et répertoires musicaux à travers le dépôt légal du XIXe siècle
Le département de la Musique conserve la musique imprimée reçue au dépôt légal tant à la Bibliothèque nationale qu’au Conservatoire, ainsi que les registres du dépôt légal de la musique imprimée depuis 1811 et un important fonds de catalogues d’éditeurs. À partir de la fin du XIXe siècle, le fonds musical de la Bibliothèque nationale a été recoté en séries correspondant chacune peu ou prou à un genre musical (VM1 à VM8 : par exemple VM1 = musique religieuse, VM2 = opéras français, etc.) ou à un effectif (VM9 à VM28 : par exemple VM11 = musique pour orgue, VM17 = trios, VM27 = musique militaire, etc.), ce qui facilite leur repérage.
Pistes de recherche :
-  Étude de la production éditoriale dans un genre ou pour un effectif donné tout au long du XIXe siècle (prolongement possible jusqu’en 1914) ; auteurs édités, éditeurs impliqués
- Qu’est-ce qui échappe au DL dans le répertoire considéré (comparaisons entre les fonds et les catalogues d’éditeurs)
 - Réception des œuvres éditées (annonces dans la presse, recensions de concerts : cf. RIPM et Gallica)
- Passerelles entre certains répertoires, par exemple VM26 (musique pour orchestre) et les différentes subdivisions de VM12 (piano)
À partir du corpus défini par le chercheur, ce projet pourrait contribuer à améliorer le signalement et l’indexation de ces œuvres dans le Catalogue général, où elles sont souvent décrites de façon très sommaire. On peut naturellement envisager une valorisation sous forme de concerts, colloques ou journées d’étude, etc.
S’il portait sur la série VM27 (musique militaire), ce projet pourrait de plus s’inscrire dans l’inventaire du patrimoine musical militaire français lancé en octobre dernier par le Commandement des musiques de l’Armée de Terre.

Contact : Mathias Auclair, directeur du département de la Musique
Tél. : 01 5379 8851, mathias.auclair (arobase) bnf (point) fr

30. Alphonse Leduc, constitution et développement d'une grande maison d'édition musicale française
De sa création en 1841 à 2015, année où elle est rachetée par Music Sales Group, les éditions Alphonse Leduc ont su mener une stratégie entrepreneuriale et artistique qui les ont conduites des méthodes de saxophone et de clarinette de la fin du XIXe siècle, toujours vendues, aux 1500 compositeurs qui forment son catalogue quelques cinq générations plus tard. Relations avec les auteurs, achats de catalogue, accords de représentation avec des éditeurs étrangers ou d'association avec des éditeurs français, construisent peu à peu une maison d'édition majeure du secteur de la musique savante qui saura attirer ou acquérir les noms les plus prestigieux de la musique française, Gounod, dès le XIXe s., plus tard Honegger, Martinu, Messiaen… et par rachat César Franck, Francis Poulenc, Darius Milhaud, André Jolivet et ce jusqu'à Pierre Boulez (acquisition des éditions Heugel en 1980).
Volumétrie :
Exploitation de trois ensembles
- les archives déposées par la maison Alphonse Leduc (1873-2015), plus de 40 ml
- les catalogues d'éditeurs récemment traités (1847-2011) soit 795 catalogues
- le dépôt légal lui-même et en particulier ses registres d'entrées (17000 références à ce nom dans le catalogue général)
Pistes de recherche :
-Histoire d'une entreprise éditoriale à partir de sources peu ou pas explorées.
-Relations éditeurs/compositeurs.
-Génétique des éditions.
-Evolution de la pédagogie musicale.

Contact : Mathias Auclair, directeur du département de la Musique
Tél. : 01 5379 8851, mathias.auclair (arobase) bnf (point) fr


Dits et écrits

31.    Littérature française en ligne
La littérature a depuis une vingtaine d’années trouvé sur internet un nouveau champ d’expression qui la transforme en profondeur. La création littéraire en ligne, tout en s’inscrivant dans le prolongement des livres qui l’ont précédée, est riche d’évolutions et de recherches. Elle permet d’écrire avec les autres, grâce à de nouvelles formes collaboratives et à l’utilisation des réseaux sociaux. Les textes dialoguent également avec les autres médias (images, son, vidéos, etc.). Écrire en ligne c’est enfin aussi écrire avec la machine et avec le web, en détournant leurs outils vers une utilisation créative.
Voir : https://www.cairn.info/revue-de-la-bibliotheque-nationale-de-france-2016-1-p-152.htm
Avec ce devenir Web de la littérature, de nouvelles missions se font jour pour la Bibliothèque nationale de France, qui se doit d’accompagner cette évolution actuelle de la littérature. Elle a déjà largement pris la mesure de ces bouleversements, et accompli un travail de repérage, de collecte et d’adaptation de ses procédures de dépôt légal pour accueillir dans ses collections ces œuvres littéraires d’un genre nouveau.
Volumétrie du fonds : Grâce au dépôt légal du web, près d’un millier de sites et blogs d’écrivains français sont déjà entrés dans les collections des Archives de l’internet depuis 2006 et viennent y prolonger les collections imprimées. Si une collecte en grande partie automatisée, confiée à un robot, est la meilleure façon de constituer la mémoire le plus étendue possible, elle manque de profondeur, et le domaine vaste et fuyant des blogs lui échappe assez largement. Elle est donc complétée par une collecte thématique plus complète de sites sélectionnés par des bibliothécaires, car il est particulièrement nécessaire d’archiver ces blogs et sites personnels qui sont, davantage que des sites académiques pérennes et dotés d’archives, fragiles, éphémères, nomades, toujours susceptibles de disparaître ou de déménager.
À consulter : http://www.bnf.fr/fr/professionnels/depot_legal/a.dl_sites_web_mod.html
http://www.bnf.fr/fr/professionnels/innov_num_dl_internet.html
Pistes de recherche : Il est important désormais de rendre plus visible, par les lecteurs et les chercheurs, ce corpus numérique qui est dans le prolongement direct des corpus de livres imprimés. C’est un des chantiers actuels que de faire apparaître dans le catalogue les notices de quelques centaines de blogs d’écrivains archivés au titre du dépôt légal du web.
L’ensemble des adresses des sites collectés est également déjà disponible dans data.bnf, par exemple : http://data.bnf.fr/documents-by-rdt/11932277/w/page1
Un des chantiers à venir sera d’y signaler plus finement ces sites, par exemple dans les pages consacrées aux écrivains.
Le chercheur ou la chercheuse pourra, en lien avec les bibliothécaires qui sélectionnent les sites mais aussi avec les équipes plus techniques qui élaborent les outils de gestion de ces collections (Direction des Services et réseaux), avec les équipes de recherche déjà associés (Labex Obvil, Web 90) et dans le cadre plus large du projet de développement d’un service de fourniture de corpus numériques à destination de la recherche (Corpus), trouver des pistes pour répondre notamment aux questions suivantes :
Comment décrire, cartographier, valoriser ces nouvelles écritures ?
Quelles applications de fouille de données pourraient être utilisées pour ce faire ?
Quels nouveaux outils proposer aux chercheurs littéraires pour explorer ces collections nouvelles ?

Contacts : Jean-Marie Compte, directeur du département Littérature et art
Tél. 01 5379 5200, jean-marie.compte ( arobase ) bnf ( point ) fr
Christine Genin, chargée de collections en Littérature française contemporaine et dépôt légal du web
Tél. 31 5379 5224, christine.genin (arobase) bnf (point) fr

32.    Les Carnets de Georges Lemoine
En 2014, Georges Lemoine, grand illustrateur français de livres pour enfants, a fait don à la BnF de l'ensemble de ses carnets de travail. Ils sont de trois types :
- Carnets uniquement constitués de textes ;
- Carnets consacrés à une thématique et constitués de dessins et d’aquarelles ;
- Carnets intimes réunissant des dessins et des textes ;
De 1956 à nos jours, cet ensemble tout à la fois carnets de dessins, carnets intimes, carnets de voyages, constitue une source inestimable pour établir la genèse de ses œuvres
et plus largement comprendre et écrire l'histoire d'une vie d’artiste. Ils ont fait l'objet d'un inventaire d'une grande précision réalisé par l'artiste lui-même.
Certains d'entre eux ont été présentés à l'occasion d'une exposition "Georges Lemoine : carnets d'un illustrateur" à la BnF en galerie des donateurs d'avril à juin 2016.
Volumétrie : Il s’agit d’un ensemble de 230 carnets.

Contact : Jacques Vidal-Naquet, directeur du CNLJ, département Littérature et art.
Tél. 01 5379 5501, jacques.vidal-naquet ( arobase ) bnf ( point ) fr

33.    Un guide numérique des sources de l’éducation populaire à la BnF
Ce sujet accompagnement un projet de recherche plus vaste intitulé « Émanciper le peuple par le savoir ? (1860-1939)», copiloté par la Bibliothèque nationale de France, les Archives nationales et le PAJEP en 2018 et 2019. Il convient de donner le contexte car le guide des sources de l’éducation populaire l’accompagnera et le prolongera très utilement. Le projet de guide des sources sera présenté lors d’une table ronde portant sur les diverses sources de l’éducation populaire (colloque 2018), et ses premiers résultats exposés lors d’un second colloque en 2019. Ce guide numérique viendra ainsi très utilement compléter le guide des sources des Archives des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire déjà élaboré par le PAJEP.
Corpus : le projet de guide des sources proposé dans le cadre de l’appel à chercheurs BnF vise à identifier et analyser les principales sources conservées à la BnF. Ces sources sont en effet essentielles pour cerner l’émergence progressive d’une « éducation populaire », concept polysémique discuté, et pour ouvrir de nouveaux champs de recherche. Le corpus à identifier est d’emblée marqué par plusieurs caractéristiques :
-  on peut identifier des documents d’« éducation populaire », terminologie revendiquée par les auteurs, mais parfois contestée par ceux à qui elle est destinée : publications scientifiques de vulgarisation (éducation à l’hygiène, moralisation, etc.), littérature destinée au « peuple », périodiques émanant d’associations d’éducation populaire, etc.
- « éducation populaire » implicite mais non revendiquée pour des questions politiques, notamment de censure : ouvrages d’économie politique, etc.
- diversité des disciplines concernées  (éducation, histoire, littérature, théâtre, etc.) et des supports (monographies, recueils, estampes, manuscrits, affiches…)
Pistes de recherche : Dans un premier temps :
-    identification de la terminologie accompagnant l’éducation populaire
-    identification de l’éducation populaire dans les différents cadres de classement de la Bibliothèque et dans d’autres structures
-    recensement des corpus de la BnF déjà exploités par les chercheurs en histoire de l’éducation populaire
-    identification par croisement des corpus jusque-là non exploités, soit de par leur nature (exemple : recueils aux titres génériques) soit parce que non référencés dans le catalogue comme relevant de « l’éducation populaire », etc.
Dans un second temps :
-    structuration du guide des sources en fonction des corpus repérés (ex. monographies grands publics de vulgarisation des sciences ; pièces de théâtre populaire ; publications d’association d’éducation populaire, etc.)
-    élaboration de notices descriptives type pouvant servir aux sources très diverses repérées. Il faudra en effet inclure dans ces sources le dépôt légal numérique du Web.
-    à l’intérieur des ensembles de sources identifiés, le chercheur associé/la chercheuse associée pourra délimiter un ensemble plus restreint de sources peu connues de l’éducation populaire et en faire un objet d’étude plus spécifique. Plusieurs pistes sont déjà envisageables : femmes et éducation populaire au XIX e siècle ; éducation du « peuple » dans les almanachs ; mutualités et éducation populaire ; Églises et éducation populaire : etc.
Compétences : À noter la forte dimension transverse du projet. La chercheuse/ le chercheur pourra ainsi rencontrer un nombre important d’acteurs de la BnF et se familiariser avec la complexité des collections.

Contact : Fabien Plazannet, directeur du département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
Tél. 01 5379 5050, fabien.plazannet ( arobase ) bnf ( point ) fr

34.   La collection des manuscrits khmers
En 1865, l'Académie des inscriptions et belles-lettres remit à la Bibliothèque nationale huit manuscrits khmers : c'est là l'origine de la collection. La collection comprenait essentiellement des manuscrits sur feuilles de palmier et sur papier, en caractères latins ou cambodgiens, ainsi que ses travaux originaux de lexicographie, traductions et essais divers. En 1912, la collection de manuscrits khmers comptait 131 pièces. Elle s’est constamment enrichie depuis par divers dépôts (Inalco, Musée Guimet) et acquisitions (manuscrits khmers de la collection Smith-Lesouëf léguée à l'État en 1950, don de Jean Filliozat) qui vinrent compléter l'une des plus importantes collections européennes de manuscrits khmers. Plusieurs ouvrages sont parfois regroupés sous une même cote et un manuscrit peut à son tour contenir un grand nombre de textes.
Les manuscrits khmers comprennent des ouvrages d'instruction religieuse (dés), de textes littéraires (lpens), de textes juridiques, de traités techniques variés (kpuon) concernant la médecine, la pharmacopée, l'astronomie, l'astrologie, la divination, la démonologie, des syllabaires et dictionnaires dont certains en français (dictionnaires de la collection Hennecart), de travaux d'orientalistes. Ils sont inscrits soit sur feuilles de latanier, sur dépliants en forme de paravent, sur papier européen. Outre les manuscrits en langue khmère, on trouve dans cette collection quelques textes en pâli-khmer et en pâli, en écritures crîen et mul. Quelques relevés d'inscriptions de monuments khmers, frottis au crayon — les premiers jamais réalisés —, provenant de Doudart de Lagrée, figurent dans le fonds indochinois (Indochinois 81).
La première liste des manuscrits cambodgiens, établie en 1878 par Léon Feer, fut tenue à jour par des addenda manuscrits jusqu'en 1912. Le catalogue d'Antoine Cabaton qui réunissait à l'époque les manuscrits cambodgiens, birmans, laotiens, lolos et siamois remplaça alors cette liste. En 1953, Au Chhieng donna dans son Catalogue du fonds khmer, qui comprend 350 notices, une description plus détaillée des textes en langue cambodgienne. Contrairement au titre du catalogue, à la note qui figure à la page xi (« le fonds indochinois, dans sa composition actuelle, justifie assez mal sa dénomination : aussi les différents manuscrits qui le composent seront regroupés et constitueront prochainement des fonds séparés ») et à la liste de concordance qui figure à la fin du volume (concordance entre « les manuscrits de l'ancien fonds indochinois par Cabaton avec ceux du fonds khmer »), les manuscrits cambodgiens figurent toujours dans le fonds indochinois.
Volumétrie : 350 manuscrits.
Pistes de recherches : littérature scientifique et religieuse khmères, histoire du livre en Asie du Sud-Est, et de l’écriture. Le travail demandé au lauréat, dès la 1e année, pourrait consister à réviser les notices de Au Chhieng du fonds des manuscrits khmers dans BnF archives et manuscrits, sur le modèle de ce qui a déjà commencé à être signalé.

Contact : Isabelle le Masne de Chermont, directrice du département des Manuscrits.
Tél. : 01 5379 8322, isabelle.le-masne-de-chermont ( arobase ) bnf ( point ) fr

35.    La diffusion de la science dans la presse quotidienne au prisme des données
De la « science populaire » à la « science citoyenne » en cheminant par la vulgarisation scientifique, la communication de la science au grand public – voire la participation de ce dernier à sa co-construction  – aura recouvert au fil du temps de multiples formes et été pratiquée au nom d’objectifs variés, voire contradictoires. La presse quotidienne, média populaire par excellence, est un témoin majeur de ces évolutions.
Les différents régimes de relation entre science et public ont déjà été étudiés (citons par exemple les travaux de Bernadette Bensaude-Vincent et Jean-Pierre Vittu). Mais une approche s’appuyant sur les méthodes et la boîte à outils des humanités numériques reste à conduire. Aujourd’hui, alors que les matériaux numériques abondent et que s’annoncent les germes inquiétants d’une nouvelle ère informationnelle (que l’on pourrait qualifier de « post-factuelle »), une telle étude semble plus que jamais légitime.      
Volumétrie : Le chercheur aura à sa disposition des corpus textuels numériques couvrant la presse quotidienne du XIXe au XXIe siècle issus des collections de presse du département Droit, Economie, Politique pour la période 1800-1945, et de celle du Dépôt légal numérique pour la période contemporaine (à partir des années 1990). La période non couverte par les collections numériques de la BnF pourra être abordée par  le biais des ressources numériques disponibles dans les emprises de la bibliothèque (par exemple les archives du journal Le Monde).
Pistes de recherche : Les corpus textuels de la période 1800-1945 se caractérisent par une structuration logique (format XML) facilitant l’application des techniques classiques de fouille de texte et de données (analyse des discours, classification des thématiques, modélisation des textes, analyse statistique, visualisation de données, etc.). Les collections du Dépôt légal numérique n’offre pas d’accès généralisé au texte mais sont néanmoins interrogeables par requête sur des critères bibliographiques et mot-clé (indexation plein texte). Il se consacrera à mettre en jeu hypothèses et interprétations à la lumière d’une analyse diachronique généralisée (données textuelles et quantitatives), massive (plusieurs millions de pages) et inscrite dans une longue temporalité.

Contact : Jean-Philippe Moreux, expert au département de la conservation
Tél. : 01 5379 4860, jean-philippe.moreux ( arobase ) bnf ( point ) fr
Philippe Mezzasalma, chef du service Presse
Tél. : 01 53 79 5103, philippe.mezzasalma ( arobase ) bnf ( point ) fr

36.    Les collections de presse en yiddish des années 1880 à la fin des années soixante conservées à la Bibliothèque nationale de France
L’immigration en France des Juifs d’Europe centrale et orientale entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, dans l’entre-deux-guerres et au cours des années qui suivirent la Shoah a donné lieu à la parution de journaux essentiellement publiés à Paris ou dans les communes avoisinantes. Cette population largement yiddishophone, s’est organisée en associations (parmi lesquelles les « Landsmanschaften », ou sociétés d’originaires) de sensibilité communiste, bundiste, sioniste ou encore religieuse et voyait dans la création et la consommation de journaux un lien communautaire indispensable.  Sa presse d’opinion en yiddish offrait des chroniques politiques sur la France, les pays d’origine et l’actualité internationale mais donnait aussi des informations pratiques utiles aux Juifs immigrés. Si certains titres étaient imprimés à plusieurs milliers d’exemplaires comme Naye Prese ou encore Parizer Haynt, d’autres l’étaient à un nombre beaucoup plus restreint, mettant aujourd’hui ces titres au rang de documents rares.
Volumétrie : La BnF conserve, au Département Droit, économie, politique, les collections de presse issues du dépôt légal. La presse en yiddish, de par son origine, constitue un pan important de l’histoire nationale et présente une richesse considérable, tant pour ce qui concerne la mémoire des populations directement concernées que pour les sources historiques qu’elle représente du point de vue de l’histoire des Juifs de France. La tâche du chercheur permettra d’obtenir une vue générale de l’ensemble des périodiques et d’en évaluer le nombre de titres et la volumétrie. Les collections de la Bibliothèque dans ce domaine sont toutefois lacunaires.
Pistes de recherches : La chercheuse ou le chercheur aura à étudier l’état de la collection de la Bibliothèque des années 1880 à la fin des années soixante en repérant les lacunes et en situant cette collection en regard de celles conservées par le Mémorial de la Shoah, de la Maison de la Culture Yiddish, du Centre Medem ou encore de l’Alliance israélite universelle. Un répertoire général de ces collections pourra permettre la mise en place d’un corpus numérique de la presse yiddish en France au 19e et au 20e siècle.

Contact : Catherine Aurérin, Directrice du Département Droit, économie, politique
Tél. 01 5379 51 00, catherine.aurerin ( arobase ) bnf ( point ) fr

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